Article dans Repères de Décembre 2014

Décembre est un mois important dans une commune.

C’est le mois où le budget, document qui prévoit les moyens de fonctionnement et les équipements pour l’année à venir est adopté.
Que constatons-nous dans le projet proposé par la municipalité? Les difficultés annoncées étaient prévisibles, les indicateurs financiers de la commune virent au rouge depuis plusieurs années. Pourquoi?

      • Des recettes qui ne peuvent évoluer à la hausse compte tenu de la charge des impôts locaux sur les contribuables
      • Des dépenses importantes et incompressibles

Dans cette situation la commune ne dégage plus de possibilité de financer de nouveaux équipements ni même les entretenir. Cette situation est aggravée par les mesures de l’actuel gouvernement qui réduit les dotations versées aux communes et impose de nouvelles dépenses comme l’aménagement du temps scolaire.
Pour faire face à ces difficultés le projet de budget est inadapté. Aucune mesure courageuse de réduction des dépenses n’est envisagée et les investissements diminuent. Cette situation est très inquiétante dans la mesure où la municipalité s’est lancée dans une urbanisation à outrance qui nécessitera des nouveaux équipements. Ce budget ne prend absolument pas en compte les besoins en équipements nécessaires à l’amélioration du cadre de vie des Saranais qui, comme nous, ont l’espoir d’une ville esthétiquement différente où le slogan d’une ville à la campagne soit mérité.

Mais décembre c’est aussi pour nous tous la nouvelle année qui arrive. En mon nom personnel et au nom de mon équipe je tiens à vous adresser tous mes vœux de réussite personnelle, de bonne santé et de bonheur.

Laurent LHOMME

ORIENTATIONS BUDGETAIRES 2015

DECLARATION au conseil municipal du 21/11/2014

Au préalable je tiens à signaler que nos observations et constatations sont issues de la lecture de votre rapport et de l’analyse financière jointe ainsi que des indicateurs financiers 2013 consultables sur le site du Ministère des Finances
Mon intervention comprendra deux parties

I. Des difficultés prévisibles avec des marges de manœuvre déjà réduites. Depuis plusieurs années les indicateurs financiers de la commune virent au rouge.

Les raisons de ces difficultés :

A. Des recettes qui ne peuvent plus évoluer à la hausse :
  • les impôts locaux (taxe d’habitation et taxe foncière) représentent déjà une charge de 714 € pour chaque habitant de la commune alors que la moyenne de la strate est de 511 €;
  • la taxe foncière sur les propriétés bâties qui frappe principalement les propriétaires, a un taux de 29.70 % supérieur à la moyenne de la strate :
    22.75 %. Le produit de cet impôt est de 524 € par habitant contre 287 € dans les communes de la strate. Elle représente plus de 73 % des impôts locaux.
B. Des dépenses lourdes et devenues incompressibles depuis plusieurs années.
  • En 2013 les dépenses de fonctionnement représentent un coût de 1 911 € par habitant pour une moyenne de 1 204 €.
  • Les frais de personnel représentent 64 % de ces dépenses pour un coût de 1 212 € par habitant pour une moyenne de 636 €.

A ces difficultés intrinsèques constatées sont venues s’ajouter :

  • des dotations de l’Etat en forte diminution et, à terme, disparues. Le gouvernement a demandé un effort particulièrement important aux collectivités dans le cadre de sa réduction de ses déficits publics. C’est ainsi que la DGF devrait être amputée de 554 500 € en 2015, après 227 264 € en 2014 et disparaitre en 2017
  • des reversements de fiscalité importants à travers le fonds de péréquation des ressources intercommunales mis en œuvre depuis 2012 (120 604 € en 2015)
  • des dépenses nouvelles imposées par l’actuel gouvernement avec la mise en œuvre du temps périscolaire, dépenses dont la compensation financière n’est que partielle et non pérenne.

Compte-tenu de la baisse des recettes et de l’augmentation des dépenses, l’épargne brute ou autofinancement diminue fortement.
Le coefficient d’autofinancement qui mesure la capacité de la commune à rembourser l’annuité de la dette au capital et à financer des équipements nouveaux avec l’autofinancement dégagé en fonctionnement s’élève en 2013 à 091. Il est rappelé qu’un coefficient supérieur à 1 signifie que la capacité d’autofinancement ne suffit pas à couvrir l’annuité en capital de la dette. Nous en sommes proches en 2012 et 2013

C. Alors que les dépenses d’équipement sont inférieures à la moyenne de la strate, l’endettement est important.

Il faut fin 2013, 6 années d’épargne pour solder l’intégralité de la dette malgré l’absence d’emprunt en 2013.
Les emprunts réalisés en 2014 (financement de la crèche) s’élevant à 3 750 000 €, porteront ce ratio à 14 années (mauvaise solvabilité de la commune) et empêchera tout nouveau recours à l’emprunt.

II. Face à cette situation dégradée, le projet de budget 2015 que vous présentez est inadapté pour faire face aux difficultés.

A la lecture de votre rapport et de l’analyse financière rétro-prospective jointe, on constate :

  • une augmentation des dépenses réelles en 2015 puis sur les exercices suivants
    (+ 3.48 % entre 2014 et 2015 soit 1 025 616 €, puis 3 % les autres années)
  • la diminution puis la disparition de l’autofinancement (Epargne) sans que vous en mesuriez les conséquences et preniez les décisions budgétaires, certes douloureuses mais indispensables)
  • que la réduction des dépenses à caractère général n’est pas envisagée par manque sans doute d’outils de gestion sur le cout des services, ni celle des subventions versées
  • qu’aucune réflexion sur les frais de personnel n’est menée si ce n’est pas de création de postes et le non remplacement de certains départs n’est pas envisagé

En l’absence de mesures courageuses, l’autofinancement disparait et, compte-tenu de l’impossibilité de recourir à l’emprunt, vous diminuez l’investissement dès 2015 puis les années 2016 et suivantes.
Cela signifie pour les habitants pas de nouveaux projets et un entretien à minima de l’existant.

Vous prévoyez cependant, pour maintenir des investissements minimum, de les financer par un prélèvement sur le fonds de roulement, c’est-à-dire sur les réserves de la commune, composantes de sa trésorerie.
Dès 2015, le fonds de roulement en fin d’exercice est à zéro, ce qui signifierait que la commune n’aurait plus les moyens de payer son personnel et ses fournisseurs.

Cette situation est très inquiétante dans la mesure où vous vous êtes lancés dans une urbanisation à outrance avec la construction de plus de 700 logements sur le territoire de la commune, logements dont on ne connait pas la qualité.
Il va s’en dire que l’arrivée de ces nombreux habitants va générer des besoins nouveaux en équipements dont votre programme n’assure pas le financement.

J’ajoute également que vous ne prenez absolument pas en compte les investissements nécessaires à l’amélioration du cadre de vie attendue des saranais
Comme nous ces saranais ont l’espoir d’une ville esthétiquement différente, propre, ou le slogan d’une ville à la campagne soit mérité
Notre légitimité est forte pour affirmer d’autres choix et rejeter globalement vos orientations budgétaires et les projets qu’elles contiennent.

Article dans Repères d’Octobre 2014

L’environnement, l’Urbanisme et le PLU

La sémantique est habile, les mots sont séduisants et d’actualité!
– Protéger la biodiversité, les ressources en eau
– Réduire l’impact de l’urbanisation
– Améliorer les déplacements (pistes cyclables, lignes de bus, etc.)
– Développer les commerces de proximité …

Tout le monde adhère à ces projets, mais nous sommes bien loin du programme de l’équipe majoritaire au Conseil municipal. Rappelez-vous leur souci d’étendre le logement social à du très social et surtout en matière de maîtrise de l’urbanisation son implication farouche pour l’extension des Cent Arpents ainsi que son projet miracle pour la Châtonnerie, sans prendre en compte les dommages collatéraux comme la fluidité de la circulation.
Nous entendons parler de manière récurrente de Saran ville à la campagne! La volonté politique de la municipalité n’est pas au rendez-vous pour prendre en compte la qualité de vie et l’esthétique de la commune.
Les belles intentions resteront sans lendemain et les Saranais seront encore bercés pendant longtemps par le chant des sirènes.
Nous doutons que les choix budgétaires qui nous seront présentés en fin d’année avec une projection pluriannuelle prennent en compte des mesures écologiques. Fragilisée par des frais de fonctionnement exponentiels, la municipalité n’avancera pas sur ce sujet et nous démontrera au fil des mois et des années que ce sont les autres qui sont responsables de cet immobilisme.

Laurent LHOMME